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Mad in heaven feat Koichi
 :: Tokyo – Zone sécurisé :: Ueno – 上野 :: Hôpital

Devil’s slave
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Dim 23 Sep - 8:54


Mad in heavenTANAKA Yue & NISHIMURA Koichi




J’ai fait un malaise il y a deux jours. J’avais beaucoup bu et sans doute trop consommé de drogue. Résultat, j’ai fini aux urgences avec quelque chose se rapprochant d’une over dose. Comme ce n’était pas la première fois, le médecin a préféré me garder en observation. D’après lui j’avais besoin de repos mais surtout d’un bilan psychiatrique. Il pense que j’ai voulu me suicider. Ce n’était pas mon intention. Pas cette fois en tout cas. C’était un accident mais il faut croire que je ne suis pas assez crédible lorsque j’essaie de l’expliquer. Je n’ai donc pas le droit de rentrer chez moi. En tout cas pas avant d’avoir vu un professionnel. Il doit établir si oui ou non je suis un danger pour moi-même. Ensuite… je vais sans doute devoir suivre un traitement pour une addiction que je n’ai pas. Après tout je contrôle parfaitement ma consommation de stupéfiant. Je ne suis pas accro à un produit en particulier et je peux très bien m’en passer. Ça m’aide juste à me détendre et à passer une bonne soirée mais comment l’expliquer à une blouse blanche ? Enfin je n’en veux pas au médecin. Il était mignon et à promis de venir prendre de mes nouvelles. Avec un peu de chance il est célibataire et de ce bord là… Et si ce n’est pas le cas, je tenterais quand même ma chance. Après tout il pourrait se montrer curieux.

J’arrive avec un peu d’avance. Je n’avais pas envie de rester enfermé dans cette chambre déprimante. Depuis hier soir je dors dans l’aile psychiatrique et franchement, si je n’étais pas suicidaire avant d’arriver ici, je le suis maintenant. Enfin j’imagine que c’est un mauvais cap à passer et puis j’ai vu et connu pire.

Il n’y a pas grand monde dans la salle d’attente. Il y a juste un garçon. Il a l’air plus jeune que moi. C’est fou quand même, en ce moment j’ai l’impression d’avoir pris un coup de vieux et de n’avoir que des petits jeunots autour de moi mais c’est sans doute la crise de la trentaine qui me fait dire ça.

Lorsqu’il relève la tête vers moi je lui adresse un sourire. Je suis du genre sociable et plutôt avenant comme garçon. J’aime plaire et il n’y a que lorsqu’un homme me fait craquer que je perds un peu mes moyens. Comme avec ce docteur qui m’a envoyé ici. Je suis certain que s’il avait été vieux et moche je ne me serais pas laissé faire. Ah ! Je suis parfois si faible…

La salle d’attente est plutôt grande et pourtant je décide de m’installer pratiquement en face de l’autre garçon. Je crois que j’ai besoin de faire un brin de causette. Ça me détendra avant de parler à ce psy qui va essayer d’entrer dans ma tête pour me trouve des problèmes que je n’ai pas. Après tout, abuser des bonnes choses ça arrive à tout le monde non ?

Au bout de quelques minutes de silence, je décide de briser la glace le premier. Ça nous occupera.
« Bonjour. Je m’appelle Yue. »


 

 



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Dim 23 Sep - 22:12

Mad in heavenTANAKA Yue & NISHIMURA Koichi

Ces derniers jours ont été chaotiques, cauchemars à répétitions, crises, changement de personnalités, phobies … Koichi n’arrivait plus à contrôler les évènements qui devenaient de plus en plus violents. Le patient savait pourquoi tous ces changements avait eus lieu, il était persuadé que cela était dû aux nombreuses mauvaises rencontres qu’il avait fait, qu’il n’avait plus vu les personnes auxquelles il tiens depuis un moment et que l’infirmière qui se chargeait de lui avait dû être remplacé par un autre suite à son décès prématuré … Une suite d’évènement qui avait totalement fait perdre l’esprit à Koichi jusqu’à en venir à ne plus manger ni dormir depuis plusieurs jours … Constamment mis en salle d’isolement, seul avec ses démons, il n’avait plus revu la lumière du jour à part pour se rendre en salle médicale … Suite à son changement de comportement les traitements étaient plus agressifs, dose de médicaments plus importantes, thérapie par électrochoc augmenté … Un véritable enfer … Sans parler de ce nouvel infirmier qui s’occupait de lui à présent … Un homme froid et qui ne cherchait pas vraiment à comprendre ce que souhaitait Koichi. Il était dur et strict sans parler de sa façon de lui crier dessus si jamais il demandait une faveur … Autant dire que Koichi vivait un véritable enfer, pour lui qui ne pensait pas tomber plus bas … Et pourtant, le patient s’efforçait de garder le sourire, de continuer d’avancer malgré ses craintes et sa tristesse ainsi que la maladie et la fatigue qui commençait à se voir sur les traits de son visage dû aux nombreuses insomnies de ces dernières nuit …

Il avait aussi maigri, ce qui avait inquiété les médecins qui n’avaient pourtant pas jugé bon d’arranger les conditions de son internement à l’asile. Son visage était plus blanc qu’à l’accoutumé, des cernes creusaient ses yeux quant à son sourire il semblait beaucoup plus fade. Prostré dans sa cellule d’isolement, le blond à pics cherchait à s’échapper de cette endroit en imaginant un monde sans barrière, la liberté qui lui tendait les bras avec les personnes qu’il aimait … Il n’avait même pas sa boîte à musique pour le rassuré dans la pénombre de sa prison … C’est alors que le tintement des clés lui fit relever la tête en direction de la porte capitonné, espérant désespérément que cette fois on viendrait pour lui … A chaque fois qu’il entendait ce bruit son cœur se remettait à tambouriner férocement dans sa poitrine avant que ses espoirs ne s’envolent une fois encore en entendant une autre cellule s’ouvrir … Quand est-ce que ce calvaire allait prendre fin ? Las, il laissa sa tête retomber entre ses bras sentant la tristesse le gagner alors qu’il resserrait une poignée de ses cheveux dans sa main. Il laissa les larmes monter et étouffa le silence des lieux avec ses sanglots. Il s’efforça de penser aux notes de musique de sa boîte et se berça un petit peu pour oublier les ténèbres qui l’enveloppait. Le noir l’avait toujours effrayé, être enfermé ici n’arrangeait rien à la situation … Le blond chantonna un petit air qui fut déformer par les vibrations de ses larmes avant que ses plaintes ne l’emporte sur cette mélodie. Penser à des paysages ne l’aidait pas, l’image des visages qui réchauffaient son cœur se distillaient dans sa mémoire tant cela faisait longtemps qu’il ne les avait plus revu …

Une fois encore le tintement de ces clés au fond du couloir, presque imperceptible tellement cela semblait lointain. Impossible de savoir si cela était le fruit de son esprit paranoïaque ou si tout cela était bien réel … C’est alors que sa cellule s’ouvrit sur des infirmiers venus pour le récupérer. Son regard embué se posa sur ces visages durs qui le fixaient avant que l’un d’eux ne fasse un signe autoritaire de la tête pour lui intimer l’ordre de sortir. D’un geste du poignet, le blond balaya ses larmes et se redressa fébrilement, titubant jusqu’à s’approcher de l’entrée et s’arrêter en face de l’un des gardiens. Il le fixa un instant, il ne savait pas si c’était bien vrai et demandait l’autorisation silencieuse de quitter cette pièce glaciale. Impatient, l’homme le poussa rudement dans le dos pour le forcer à avancer faisant naître une douleur de plus dans son cœur. Docilement Koichi sortit de sa cellule et suivit ses gardes pour rejoindre les couloirs de l’hôpital. Il n’avait aucune idée d’où ils l’emmenaient encore … Il n’avait plus le droit de sortir pendant un temps, la salle de jeu lui était interdite le temps qu’il s’assagisse, autrement dis que ses crises se calment, et il avait déjà eu plusieurs séance d’électrochocs dans la matinée. A moins qu’ils décident de l’y emmener encore une fois ? Comme à chaque fois le blond se mit à paniquer et attrapa doucement le bras de l’un des infirmiers.

« J’ai déjà eus quatre séances aujourd’hui, je ne supporterais pas une cinquième … » L’implora Koichi alors qu’il pinçait ses lèvres et que de nouvelles larmes se massaient dans ses yeux.

Sans un mot, l’homme dégagea son bras sans la moindre douceur et emmena Koichi jusqu’à la salle d’attente du psychologue … Cela faisait un moment qu’il n’y avait pas été … Peut-être parce que son état venait encore d’empirer ? Le blond se calma un peu et regarda les hommes partir en refermant la porte de la salle. Faisant courir ses yeux autour de lui, le blond s’aperçus que deux femmes et un garçon attendaient eux aussi. Tous le regardaient avec effroi. C’est vrai qu’il avait toujours effrayé les gens de par son style peu engageant mais en ce moment il faisait peur avec son visage blanc et ses yeux cernés … Il les salua tout de même en s’inclinant par politesse et leur fit un sourire amical. Il n’eut le droit qu’à l’ignorance de leur part sauf pour le petit garçon que lui adressa un signe de main. Ce simple petit geste, même minime ranima son cœur d’un peu de chaleur dont il venait à manquer cruellement. Son sourire s’élargit un peu plus alors qu’il allait s’installer sur un siège près de lui. Mais l’une des femmes près de lui qui semblait être sa mère le prit contre elle et changea de place, son fils sous le bras pour s’asseoir plus loin. Koichi perdit son sourire en les voyant s’éloigner et baissa les yeux attendant patiemment que son tour vienne … C’est-à-dire dans deux heures …

Le temps défila sous les yeux du patient qui ne cessait de fixer l’horloge en se demandant quand est-ce que viendrait son tour … Il n’avait que ça à faire de toute façon, disons qu’il ne pouvait pas faire grand-chose d’autre … Les autres patients s’enchaînèrent alors que le temps lui parut de plus en plus long ne faisant pas vraiment attention à ce qui se passait autour de lui. Il se retrouva seul quelques minutes avant qu’un homme ne prenne place en face de lui. Koichi plongea un petit instant ses yeux dans les siens et comme pour tous les autres lui adressa une inclinaison de la tête en guise de salue. Les pensées sombres s’enchevêtraient maintenant dans sa tête lui faisant perdre un peu le sens des réalités en se perdant dans sa bulle. Lui qui d’habitude était si haut en couleur, toujours souriant et social avec n’importe quel inconnu, les évènements de ces derniers jours l’avait rendu plus terne et triste … Quand finalement la voix de l’autre homme en face s’éleva dans la pièce au bout de quelques minutes, brisant ainsi le silence. "Bonjour. Je m’appelle Yue." Koichi releva la tête vers lui avant de regarder autour de lui pour voir à qui il s’adressait. Mais voyant qu’ils n’étaient que deux dans la pièce, le blond montra en direction de son visage comme s’il était étonné qu’on lui adresse la parole.

Il avait besoin de réconfort et la chaleur d’un peu d’attention, ne serait-ce qu’un sourire, un simple mot gentil pourrait l’aider à ne plus y voir aussi noir que ces derniers jours. La situation commençait à devenir critique en ne cessant de se dégrader et un peu de contact humain lui ferait du bien … Touché qu’on daigne avoir un peu de considération pour lui, il se redressa pour venir s’installer sur la chaise à côté de celle de Yue. Il se demandait si cet homme n’avait pas peur de lui comme tous les autres, s’il allait finir par s’éloigner et ne plus l’approcher lui aussi.

« Tu n’as pas peur de moi ? » Lui demanda curieusement le jeune homme en fixant un instant le visage de Yue. Il finit par pencher un peu la tête et de lui adresser un sourire avenant dont il avait besoin pour se sentir mieux. « Je m’appelle Koichi, enchanté. » Il savait que même s’il n’avait pas peur de lui, il allait passer sa séance et partir comme il était venu. Comme tous les autres auxquelles ils s’étaient attachés, il n’allait plus jamais le revoir, et ainsi son cauchemar allait se poursuivre ...

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Jeu 4 Oct - 21:50


Mad in heavenTANAKA Yue & NISHIMURA Koichi




J’arque un sourcil à sa question. Avoir peur de lui ? J’ai même du mal à retenir un petit rire. Pourquoi est-ce qu’il me ferait peur ? Parce qu’il est interné ? C’est aussi mon cas. D’ailleurs s’il doit y avoir quelqu’un de dangereux dans cette pièce ça serait plutôt moi. Après tout, n’ai-je pas sauvagement assassiné mon propre père ? Bien sûr c’était il y a des années et il s’agissait de légitime défense cependant il m’arrive parfois de me demander si je n’y ai pas pris plus de plaisir que nécessaire… Et si je pourrais avoir envie de recommencer…

J’esquisse un sourire lorsque mon nouveau compagnon d’infortune se présente :
« Enchanté Koichi, même si j’aurais préféré te rencontrer dans d’autres circonstances. »
Je pousse un petit rire nerveux avant de lâcher un court soupir. Bon sang ! Ce que je déteste cet endroit. J’espère qu’ils me laisseront vite sortir d’ici !
« En temps normal c’est au boulot que je rencontre les gens. Je suis barman dans un night-club de Shibuya. C’est quand même plus sympa et fun comme endroit. Je te donnerais l’adresse, comme ça tu pourras passer me voir là bas.»
D’ailleurs mon boulot me manque déjà ! L’alcool, la drogue, la musique, l’ambiance, les corps qui se rencontrent sur et hors piste de danse… Autant de sensations qui me font défaut dans ce maudit asile psychiatrique !
« De toute façon je ne resterais pas longtemps ici. Juste le temps d’un bilan. Une formalité quoi. »
Enfin j’espère… Il me vient quand même un doute… J’espère que le psy ne va pas remettre sur le tapis mon passé comme prétexte pour pouvoir me garder plus longtemps que prévu. À cette pensée je sens mon rythme cardiaque s’accélérer et mon estomac se nouer légèrement cependant je prends une profonde inspiration et veille à garder mon sang froid. Ce n’est pas le moment de faire une crise de panique ou de jouer les hystériques parce que c’est justement ce genre de chose qui risque de jouer en ma défaveur.

J’adresse un sourire à mon voisin tout en tentant de redevenir maitre de mes émotions et je pense qu’il peut m’y aider. Après tout faire la conversation devrait me permettre de me changer les idées :
« Et toi ? Tu es là pour quoi ? »
Je me rends compte que ma question est un peu direct et intrusive, alors je m’empresse d’ajouter :
« Si tu ne veux pas en parler, pas de problème. On peut juste parler de tout et de rien en attendant qu’on vienne s’occuper de nous. »




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Dim 7 Oct - 14:57

Mad in heavenTANAKA Yue & NISHIMURA Koichi

Un petit rire qui surprit légèrement le patient, s’attendant à tout sauf à une réaction comme celle-ci de la part de l’autre homme. Il avait dit quelque chose de drôle ? Parfois le blond ne s’en rendait pas compte, il ne le faisait même pas exprès, mais il arrivait à amuser les gens qui ne le craignaient pas ou qui essayait de converser avec lui. "Enchanté Koichi, même si j’aurais préféré te rencontrer dans d’autres circonstances." N’importe quel endroit sans doute serait bien mieux que celui-ci pour une rencontre … Mais le patient n’avait pas le choix, il était rare pour lui de pouvoir s’approcher des autres sans qu’ils ne fuient ou en dehors de l’hôpital. En bon citoyen Japonais, Koichi inclina la tête, le remerciant d’avoir laissé les préjugés de côté pour discuter avec lui et se présenter. Une chose dont n’avait pas beaucoup l’occasion le blond c’est vrai, les occasions étaient rares alors quand l’une d’elle se présentait face à lui, il saisissait l’opportunité. "En temps normal c’est au boulot que je rencontre les gens. Je suis barman dans un night-club de Shibuya. C’est quand même plus sympa et fun comme endroit. Je te donnerais l’adresse, comme ça tu pourras passer me voir là bas." Une chance inimaginable que le barman semblait sans doute penser que c’était à la portée de tout le monde … Le visage de Koichi s’illumina un court instant pour remplacer sa joie par un sourire triste.

« C’est gentil, mais ça ne sera pas nécessaire … J’ai très envie de te revoir en dehors d’ici mais j’ai été privé de sortie pendant les deux prochains mois … Et même s’ils me redonnent une autorisation ce ne sera qu’une journée par semaine. » Autrement dis il lui était interdit de sortir la nuit … Il n’avait jamais connus la fête et les rires, l’ambiance nocturne particulière de Shibuya … « Mais merci, ça aurait été avec joie ! » Dans d’autres circonstances en effet …

"De toute façon je ne resterais pas longtemps ici. Juste le temps d’un bilan. Une formalité quoi." Une expression de tristesse passa sur son visage pendant un petit instant … Cela voulait certainement dire que cette rencontre agréable n’allait durer que quelques minutes, si peu dans une vie d’emprisonnement, juste le temps que le psychologue se charge de l’un d’eux et ils ne se reverraient plus après ça … Autant en profiter pendant qu’il en est encore tant … Mais Koichi ne pouvait que le comprendre. Qui pouvait aimer rester coincé entre ces quatre murs où la peur et la violence règne en maître ? Qui aimerait être traité comme un animal et voir ses libertés supprimés du jour au lendemain ? Le blond ne le souhaiterait à personne, même pas à son pire ennemi s’il en avait un jour … "Et toi ? Tu es là pour quoi ?" Lui demanda le barman sous l’expression un peu surprise du patient qu’on lui demande une chose pareille. Pas que c’était déplacé, mais plutôt parce que ce n’est pas quelque chose qui intéressait les gens d’ordinaire … "Si tu ne veux pas en parler, pas de problème. On peut juste parler de tout et de rien en attendant qu’on vienne s’occuper de nous."

« Je n’ai rien à cacher. » Dit-il avec un sourire plus joyeux essayant de se faire le plus amical possible et cacher sa douleur par la même occasion. « Les médecins m’ont diagnostiqués schizophrène il y a quatorze ans. Depuis je suis là. » Raconta alors le patient avec un air tellement détacher qu’on pourrait presque s’en étonné. Mais quand les années passent et que la situation n’évoluent pas, on apprend avec son environnement … On se fait à la vie qui s’impose et on apprend à faire face aux problèmes que l’on rencontre. La patient a eus l’occasion de rares fois de passer des moments joyeux, mais tellement peu face à la souffrance qu’il endure tous les jours. « C’est comment Tokyo la nuit ? » Demanda le blond qui aurait vraiment aimé voir toutes ces lumières de ses propres yeux …

Il est vrai qu’à part sa chambre d’hôpital, le bloc opératoire, les différentes salles de traitements et la cellule d’isolement il n’avait rien vue d’autre. Les courtes sorties auxquelles il avait droit le samedi généralement ne duraient pas assez longtemps pour qu’il s’éloigne de Ueno, restant proche de l’hôpital pour ne pas risquer un retard … Il n’avait pas eus l’occasion de voir d’autres décors si ce n’est sur les photos des cartes postales ou à la télévision quand les infirmiers les laisser regarder un programme pendant plus d’une heure … Ce qui persistait dans les programmes qu’ils leurs faisaient gober au même stade que les médicaments, cela ne parlait que de sorcières et de politique … Comme s’ils essayent de leur mettre en tête une idéologie, semblable de l’époque de la seconde guerre mondiale sous dictature … Une vie bien sombre que la population entière ne soupçonne pas, les souffrances de certains que les gens pensaient abolis au Japon depuis des années mais qui persistent encore dans l’ombre … Mais étant donné que malgré son malheur, son tempérament voulait le sourire et le bonheur des autres, il resta silencieux sur le quotidien qu’il vivait ici, ou du moins auquel il essayait de survivre chaque jour pour lui adresser un sourire chaleureux.

« Tu es barman donc ? Après cela tu retourneras à ton travail ? Tu as l’air d’aimer ce que tu fais ! » Le patient le regarda plus en détails essayant d’apprendre par cœur ses traits comme si c’était la première fois qu’il rencontrait quelqu’un de l’extérieur. « Qu’est-ce qui t’amène ici alors ? Ta place est à Tokyo et non pas dans un hôpital aussi morbide que celui-là … » A l’image du bossu de Notre-Dame le jeune n’avait pas le droit de quitter l’asile et de voir ce qui se passait au-delà de cette fenêtre …

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Jeu 1 Nov - 8:46


Mad in heavenTANAKA Yue & NISHIMURA Koichi




J’esquisse un sourire lorsqu’il m’explique ce qu’il fait ici ou plutôt pourquoi il est ici. Il est schizophrène. Ça ne m’impressionne pas vraiment. J’en connais qui le sont et qui vivent à l’extérieur une vie à peu près normale si ce n’est qu’ils ne doivent pas oublier de prendre leurs médicaments et qu’ils ne doivent pas prendre de drogue ni l’alcool. En clair, ils mènent une vie très chiante. La sienne n’a pas l’air très palpitante et au final je le plains beaucoup. Si je m’écoutais, je le pousserais à faire une fugue avec moi, le temps d’une nuit histoire de lui changer les idées et de lui montrer ce qu’est la vie ! Mais ça ne serait pas très raisonnable et puis… je n’ai pas envie qu’il ait des ennuies… Quoique… Si on ne se fait pas prendre ? Un large sourire se dessine sur mon visage alors que mille et une idées fusent dans mon esprit. Il est encore trop tôt pour comploter mais je garde mes idées de côté au cas où.

Sa question sur Tokyo la nuit me fait sourire. Loin de me moquer de lui, mon sourire est plutôt rempli de tendresse et de tout l’amour que je porte à l’univers dans lequel j’évolue.
« J’aime Tokyo la nuit. Elle est belle et différente. J’aime les sons et les lumières mais aussi tous ces gens qui deviennent enfin eux-mêmes lorsqu’ils quittent les habits de salaryman ou encore de gens bien comme il faut. »
C’est un Tokyo plein de débauche au sens large du terme et de distraction que j’aime. Un Tokyo qui n’est pas pour les blanches colombes et frêles agneaux. Mon Tokyo est à mon image. Sombre et lubrique, drôle et mystérieux, plein de vice et plaisir… Un endroit qui n’est certainement pas pour un gentil garçon comme lui et à côté de moi, j’ai l’impression qu’il fait figure d’enfant de cœur… mais je me trompe peut-être. Après tout, je ne le connais pas encore et peut-être a-t-il lui aussi de sombre secret ?

« Oui j’ai hâte de retourner à mon travail ! Je l’aime tellement. Lui mais aussi mes chats. Ils sont en pension eux aussi pendant que je moisis ici. Et si je m’écoutais, je ferais le mur ce soir pour m’amuser dans le premier bar que je trouverais. Je boirais et danserais avec des inconnus jusqu’au petit matin. »
Je me ferais sans doute un rail de coke et je baiserais avec la première créature que je trouverais à mon goût…

« Dis-moi, c’est quoi le numéro de ta chambre ? La mienne c’est la 307. Troisième étage, septième porte, côté cours. »
Comme si j’avais envie d’avoir vu sur l’intérieur de ce bâtiment… J’aurais préféré avoir vu sur le parking et les environs.
« Si ça se trouve, on est pas très loin l’un de l’autre. »





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Mar 20 Nov - 15:22

Mad in heavenTANAKA Yue & NISHIMURA Koichi

Le patient avait la chance de pouvoir directement converser avec une personne venue de l’extérieur, d’en apprendre un peu plus sur cette vie dont il rêve de pouvoir vivre les aventures. Les questions qu’il s’était posées depuis tant d’année sortaient toutes seules de sa bouche. Ayant pendant longtemps cherché à y trouver une réponse tout seul, à éluder ces informations sans preuve authentique de ce qu’il avance. Mais n’est-ce pas à cela que sert l’imagination ? A s’évader de sa prison ? Rêver malgré les cauchemars qui se dressent face à lui. Le tourment est son quotidien et il est persuadé qu’en ville les choses sont différentes. Les gens vivent en suivant leurs désirs, une illusion pour lui qui n’a connus que les murs blancs de l’hôpital, une existence agréable qu’il ne peut seulement espérer que dans ses songes et construire de toute pièces dans ses songes comme on regarderait un film derrière un écran de télévision sans pouvoir atteindre cet univers … "J’aime Tokyo la nuit. Elle est belle et différente. J’aime les sons et les lumières mais aussi tous ces gens qui deviennent enfin eux-mêmes lorsqu’ils quittent les habits de salaryman ou encore de gens bien comme il faut."

Le patient l’écoute avec attention, fasciné par son récit. C’est comme si on lui lisait un conte de fée qu’il ne pourrait oser vivre que dans ses rêves les plus fous. Un peu comme si ce citoyen comme beaucoup d’autres avait la chance de faire partie de ce monde. Une chance que les gens ne réalisent pas forcément quand ils sont plongés dedans depuis la naissance. Koichi aimerait beaucoup qu’il lui fasse connaître son univers, mais qu’en serait-il si le patient à son tour lui montrait l’envers du décor dans lequel il vit ? Lui prouver qu’il avait cette chance d’être dehors ? Sans doute en avait-il un léger avant-goût en mettant les pieds ici … "Oui j’ai hâte de retourner à mon travail ! Je l’aime tellement. Lui mais aussi mes chats. Ils sont en pension eux aussi pendant que je moisis ici. Et si je m’écoutais, je ferais le mur ce soir pour m’amuser dans le premier bar que je trouverais. Je boirais et danserais avec des inconnus jusqu’au petit matin." Un sourire illumina alors le visage du patient à son récit comme s’il entendait une histoire merveilleuse sur un monde unique plein de magie. Comme tous ces enfants qui rêvent de pouvoir pénétrer l’univers magique de Disney, de vivre des aventures hors du commun. Ou comme tous ces adolescents qui espèrent aller à l’école de magie comme leur héros Harry Potter. Koichi était un jeune rêveur qui n’avait jamais eus la chance de voir ce qu’offre la véritable existence en toute liberté.

Il avait presque envie de lui demander de venir avec lui, mais à son contraire, lui était en pension ici indéfiniment, peut-être même jusqu’à la fin de ses jours sans espérer pouvoir sortir d’ici là … Les conséquence s’il se fait prendre, et il se fera forcément prendre, seraient encore plus désastreuses que ce qu’il vit actuellement … Par la faute de cette créature qui était venu tuer la seule personne qui le soutenait à l’hôpital, qui s’occupait de lui en mettant de côté les préjugé sur sa maladie et qui avait toujours de l’amour à donner à ces pauvres malade … Son décès l’a affecté bien plus que de raison, les images de cette nuit reviennent encore et toujours hanté ses pensées, il la revoit mourir devant ses yeux à chacun de ses cauchemars. Une épée Damoclès tangue dangereusement au-dessus de sa tête, le combat n’est pas terminé … Cet homme reviendras et le monstre qui sommeille en lui se réveillera encore et encore jusqu’à devenir incontrôlable … Les évènements traumatisant qu’il a vécus depuis peu l’ont précipité dans sa folie et lui a valu un allé simple en cellule d’isolement, point centrale des enfers duquel il ne peut espérer s’échapper … "Dis-moi, c’est quoi le numéro de ta chambre ? La mienne c’est la 307. Troisième étage, septième porte, côté cours." Un endroit paradisiaque en comparaison avec lui qui a des barreaux à sa fenêtre … "Si ça se trouve, on est pas très loin l’un de l’autre." Un sourire attristé mais tout de même remplis de gentillesse se peint sur ses lèvres alors qu’il peine à garder sa bonne humeur, il fixe un instant l’autre jeune homme dans le silence.

« Tu sais … Nous ne sommes pas du tout dans la même section toi et moi … »  Lui avoua alors Koichi. « Tu réside dans le bâtiment des patients temporaires, ceux de qui on prend soin parce qu’ils vont ressortir d’ici peu de temps et qu’il ne faudrait pas que les gens se fassent un mauvais jugement de l’asile … Moi je suis dans la partie des malades graves et permanent … Ceux de qui on se préoccupe à peine, qu’on se permet de malmener parce qu’ils ne pourront jamais ressortir d’ici avant leur mort. Et un mort ne peut pas parler des atrocités qu’on lui a fait subir. »  Malgré ses paroles morbide, le patient s’efforce pourtant de sourire à son hôte pour ne pas lui faire peur, pour ne pas qu’il s’inquiète. Koichi avait un tempérament joyeux, il offrait le sourire autour de lui pour compenser les horreur qu’il vit tous les jours. « Je suis dans la chambre 13. »  Coïncidence ? Sans doute … Du moins le patient osait l’espérer …

Certes il n’était pas le plus à plaindre, et c’est ce qu’il se disait à chaque fois que la douleur le traversait ou que la crainte l’emportait sur sa raison, une manière comme une autre d’effacer la tristesse ou au moins de tarir son chagrin le temps d’une mélodie chanté par sa boîte à musique … Le blond regarda la porte fermé du psychologue qui était toujours en consultation.

« Bientôt tout cela sera derrière toi, tu oublieras vite que tu as mis les pieds ici. » Il oubliera sans doute jusqu’à l’existence de Koichi, comme beaucoup de résidents temporaires. « Tu as juste à patienter, tu verras qu’en fermant les yeux ça iras vite, tu vas retrouver ton quotidien paisible … »  Un nouveau sourire qui se voulait rassurant fut adressé à Yue avant qu’il ne réalise qu’il valait mieux changer de sujet. Il n’était pas là pour lui tirer des larmes mais le faire sourire et faire passer le temps plus rapidement pour que son séjour ici lui paraisse moins pénible. A défaut de ne pas pouvoir retrouver sa liberté et avoir cette chance un jour, Koichi se devait de le transmettre aux autres et peut être pouvoir vivre à travers eux. « Tu aimes faire la fête ? Tu dois vraiment beaucoup t’amuser ! Raconte-moi un peu les meilleurs moments que tu as passés dehors ? »  Comme si cela pouvait lui donner une bride de vérité sur ce qui se passe loin de ces barreaux et lui faire vivre l’espace d’un instant des sensations chimériques auxquelles il n’aura certainement jamais l’occasion de goûter …

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Jeu 20 Déc - 0:35


Mad in heavenTANAKA Yue & NISHIMURA Koichi



Je suis surpris par ce qu’il me dit. Nous ne sommes pas dans la même section et apparemment il souffre de troubles bien plus importants que les miens. J’ai du mal à l’imaginer. Il a l’air si normal si bien sûr il existe une normalité et je ne suis pas un exemple en la matière, loin de là. J’ai un passif particulièrement chargé mais ça c’est une autre histoire.

Je l’écoute attentivement sans l’interrompre, allant de surprise en surprise sur la manière dont il est traité par le personnel médical. C’est injuste et en même temps qu’y pouvons-nous ? Nous sommes fous. C’est en tout cas comme ça que la société nous définis. On aura beau se plaindre, personne ne nous croira. Par définition nous ne sommes pas des gens fiables, lui sans doute plus que moi puisque je sortirais d’ici peu. D’où la différence de traitement. C’est malgré tout regrettable.
« Ta mort ? Tu ne pourras vraiment jamais sortir d’ici ? »
Je trouve ça triste surtout de mon point de vu puisque j’ai soif de liberté. J’ai vécu trop longtemps sous la coupe de mon père et de ses règles pour me laisser à nouveau emprisonner et savoir dans quelle situation il se trouve me révolte sans que je ne sache comment lui venir en aide.

Koichi a l’air de s’être résigné à son sort et tout ce que je peux faire c’est partager avec lui mes meilleurs souvenirs. C’est ce que je fais sans retenue ni demi-mesure. Je lui parle des plus belles soirées qui ont pu avoir lieu au club, des quelques amants et amantes qui ont le plus marqué ma vie sexuelle. De ce côté-là je ne suis pas avare en détails. Après tout, la pudeur et moi, ça a toujours fait deux. Je lui parle des meilleurs cocktails que j’ai réalisé, de leur composition et du goût qu’ils pouvaient avoir. Tous mes récits sont denses en détails pour qu’il puisse se faire une idée très précise de ce que j’ai pu vivre et ma vie ne s’arrête pas là. Des fêtes, il y en aura d’autres. Beaucoup même. Ma vie se doit d’être un amusement et je veille à ne pas me priver des petits plaisirs qu’elle peut m’offrir. Voilà ce qui arrive quand on grandit dans un carcan trop longtemps, on n’a plus aucune limite une fois lâché dans la nature.

C’est presqu’à bout de souffle et le sourire aux lèvres que j’achève ma dernière histoire.
« Et toi ? Il n’y aucun souvenir heureux que tu aimerais partager avec moi ? Après tout, tu n’as pas vécu ici toute ta vie, si ? »
Je suis quand même curieux de connaître les circonstances qui l’ont conduit ici.






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